Janvier 2015 : Bostwana

Après quelques jours en Afrique du Sud, nous voilà donc à nouveau sur la route en direction de la réserve de Mashatu, au Bostwana. Environ 7 heures de voiture pour nous rendre à la frontière Nord entre l’Afrique du Sud et le Bostwana, tout près du Zimbabwe. La route se déroule à merveille et peu après le milieu de la journée, nous voilà de l’autre côté de la frontière dans un décor absolument incroyable et complètement différent.

Nous n’aurons cependant pas beaucoup l’occasion de profiter de cette réserve qui semble pourtant très prometteuse. En effet, notre présence ici est liée à un souhait bien particulier: nous rendre à l’affût sous-terrain de la société C4. Un affût construit avec un container de transport maritime qui a été placé dans le sol, juste devant un point d’eau. Un peu comme cela se fait partout dans le monde pour observer les mammifères ou les oiseaux, un peu comme je ce que j’avais pu faire en Finlande avec les ours bruns. Mais ici, au Bostwana, ceux que nous rêvions de voir et bien entendu, de photographier, ce sont les éléphants qui viennent parfois boire à ce point d’eau, l’affût sous-terrain nous offrant en plus un point de vue absolument unique.

Ici, les maîtres des lieux se nomment Kyle de Nobrega et Ruth Nussbaum. Un jeune couple de photographes naturalistes particulièrement talentueux qui s’occupe de guider les visiteurs lors de leurs séjours à l’affût mais aussi du maintiens de l’installation, un gros travail! Kyle et Ruth n’ont d’égal à leur talent que leur gentillesse et leur patience. Les écouter nous raconter leurs rencontres dans cet affût faisait naître dans mon esprit le rêve d’images dont je n’osais à peine rêver en arrivant sur place. Seulement voilà, à peine arrivé et Kyle préfère nous prévenir… cela fait plusieurs jours que les éléphants ne sont pas venus. Il y a donc bien des chances que les trois jours que nous passerons sur place ne nous permettent pas de réaliser ces photos que j’espérais tant il y a encore quelques minutes, avant d’entendre le compte rendu des observations de ces derniers jours.

Mais voilà, la nature était de notre côté depuis le début de ce voyage et elle n’allait pas nous laisser tomber! Le premier matin à Mashatu arrive, il est temps de se rendre à l’affût. Installer le matériel, prendre quelques repères et comme dans chaque affût, commencer à patienter… patienter… espérer… patienter… Non finalement pas tant que ça!! Moins d’une heure après notre arrivée dans notre poste d’observation et voilà que les premiers éléphants nous rejoignent! Un individu, puis deux, puis toute une horde, puis une autre… Quel spectacle! Jamais je n’avais ressentis d’émotions aussi fortes, la beauté du spectacle dépasse tout ce que j’avais pu imaginer! En témoignent les larmes qui coulent des yeux de Keith qui n’avait jamais assisté à un tel spectacle en tant d’années de métier et qui se laisse submerger par l’émotion à son tour.

3 jours sont passés comme une heure dans cet affût et plus de 250 éléphants nous ont rendu visite!! Bien plus que nous ne l’aurions jamais imaginé! Et ceci sans compter les singes, impalas, élan, girafe et milliers d’oiseaux! Mais il est temps de partir, la route sera longue jusqu’à Johannesburg ou notre vol pour la Suisse nous attend en soirée. Il est temps de sortir de l’affût et de retourner au camp faire les bagages…. sauf qu’au moment de sortir, et bien oui, les éléphants sont revenus! Impossible de quitter l’affût pendant près de 45 minutes les troupeaux se sont succédé au point d’eau, comme pour venir nous dire au revoir.

Cette fois ça y est, la voie est libre nous pouvons partir. Et moi qui avais surpris Keith, mon guide expérimenté, 3 jours plus tôt, avec des larmes le long de ses joues… voilà que je ne pouvais plus contenir mes émotions non plus. Ces 3 jours ont été tellement intenses que j’avais tout gardé en moi… mais là la coupe était pleine et pendant la demi-heure de piste qui séparait l’affût du camp j’ai pleuré comme un enfant. Pleuré de joie bien entendu. Le bonheur d’avoir touché un rêve du bout du doigt. Impossible de m’arrêter c’était même des sanglots si fort que je devais rassurer Keith qui se demandait si tout allait bien. Bien…? Oui tout allait bien, très bien même!

Un voyage réussit d’un bout à l’autre, probablement l’une de mes plus belle expérience. Et ce qui avait démarré comme une relation de travail entre Keith et moi il y a quelques mois sur Facebook était, au fil des jours, devenu le début d’une amitié qui ira probablement bien au-delà de ce voyage. Des liens se sont créés et nous allons nous revoir, si tout va bien en 2015, déjà, pour un voyage incroyable dont les grandes lignes sont déjà dessinées…